Marguerite : biographie de Marguerite Buffard-Flavien (1912-1944)

Biographie de Marguerite Buffard-Flavien (1912-1944)
Marguerite Buffard-Flavien, née dans le Jura en 1912,
élève de l'École normale supérieure de Sèvres, devient
professeur de philosophie et s'engage en 1934 dans le combat
antifasciste. Nommée successivement à Colmar, Caen puis
Troyes, restée fidèle au parti communiste, elle est révoquée en
décembre 1939. Elle travaille ensuite comme ouvrière dans
une bonneterie puis, exclue du PCF, isolée, rejoint la ferme de
la famille de son mari. Internée en 1942 au camp de femmes
de Monts, près de Tours, elle participe à l'une des rares
révoltes contre la mauvaise nourriture. Transférée de ce fait à
Mérignac, près de Bordeaux, elle s'évade en décembre 1943
et rejoint la Résistance à Lyon.
Agent de renseignement à l'inter-région FTP, dénoncée,
elle est arrêtée par la Milice le 10 juin 1944. Le 13 juin,
vraisemblablement par crainte de parler sous la torture, elle
se défenestre du troisième étage du siège de la Milice, rue
Sainte-Hélène. Elle meurt le jour même sans avoir parlé.
Rapidement, après quelques hommages, elle disparaît de la
mémoire collective. Une plaque est apposée rue Sainte-Hélène,
avec la mention erronée «Assassinée par la Gestapo».
Christian Langeois reconstitue cette vie brisée sur la base
d'archives, d'une riche correspondance (en particulier avec
son mari prisonnier en Allemagne), de quelques témoignages.
Il restitue la figure d'une femme d'exception pleinement
engagée dans la vie au nom d'un idéal humaniste.