Les formes de l'obsession dans la littérature anglaise et américaine

Nombreux sont les textes de la littérature anglophone
(anglaise ou américaine) qui semblent traversés par une
forme d'obstination, d'acharnement, voire d' obsession. Le
constat ne manque pas de soulever bien des questions :
l'obsession est-elle un concept opérationnel en littérature ?
Certaines époques sont-elles plus propices à l'écriture de
l'obsession que d'autres ? Ou encore, par son insistance, le
motif obsessionnel s'invalide-t-il, se vide-t-il de sa substance
pour laisser la préséance au jeu des formes ? Tel fut le
point de départ de cette réflexion plurielle sur la notion
d'obsession qui ne pouvait prendre corps qu'à l'épreuve de
textes singuliers.
Il fallait dès lors envisager l'écriture de l'obsession
comme une façon peut-être paradoxale de la vider de tout
ce qu'elle a de pathologique. L'écrivain ne cherche-t-il pas
un moyen de s'éloigner de l'obsession tout en la maîtrisant,
et ce en vertu d'un paradoxe énoncé par Valéry et réitéré
par Blanchot selon lequel l'obsession poétique, l'obsession
même de la poésie (la possession, l'extase, etc ) sont contrôlées
par le travail de l'écriture ?
L'idée de paradoxe s'enchevêtre à celle de l'obsession
selon ce que Michel Foucault, définissant la transgression,
appelait «un rapport en vrille». Comment ne pas lire dans
les stratégies de contrôle à l'oeuvre tout autant chez le sujet
obsessionnel que dans les formes littéraires de l'obsession,
un dérisoire filin jeté d'un bord à l'autre du précipice pour
permettre, sinon assurer, le passage ?