Eloge de la pauvreté et de l'anonymat ou Des cinq principaux principes

Eloge de la pauvreté et de l'anonymat ou Des cinq principaux principes

Eloge de la pauvreté et de l'anonymat ou Des cinq principaux principes
Éditeur: 13 bis
200658 pagesISBN 9782530000156
Format: BrochéLangue : Français

Il y a eu, dans des temps plus ou moins anciens, divers et célèbres

éloges, celui de la folie d'Erasme ou celui de l'ombre de

Tanizaki, sans parler des Eloges , en bloc, de Saint-John Perse.

Voici celui de la pauvreté et de l'anonymat ; au moins sommes-nous

en accord avec nos principes puisque ce petit essai, comme

les précédents ( De l'utilité d'avoir des ennemis, Nouvelles Vies

parallèles ), est lui-même anonyme («or l'auteur anonyme n'est

pas lâche», écrit Diderot). Alors que, d'après Cicéron que cite

Spinoza, des philosophes n'hésitent pas à signer de leur nom des

livres qui dénoncent le goût de la gloire.

Tacite, parlant de l'éloge en général, disait qu'elle attirait volontiers

le reproche de «servilité», à l'inverse de la critique,

puisque celle-ci a toutes les apparences de «l'indépendance»

(alors qu'on sait bien qu'un pamphlet contre untel est souvent

commandé par l'ennemi d'untel). D'accord avec l'historien latin,

qui appliquait sa remarque à des personnes, nous l'étendons à

d'autres domaines. Comme Montesquieu à propos des livres, nous

préférons dire du bien de ce que nous aimons que du mal de ce que

nous détestons. Même si les sentiment sont mêlés et qu'en louant

les uns on dénigre les autres, nous avons toujours privilégié la

vénération («seuls les forts savent vénérer », écrivait Nietzsche) à

l'insulte, à l'inverse des situationnistes, trop influencés, sur ce

point comme sur d'autres, par les surréalistes, ce qui les a conduits

à de cocasses palinodies ou contradictions, aussi réjouissantes que

les discours de Bush à l'ONU «en faveur des pauvres» au

moment de l'ouragan en Louisiane. Adoration réelle , non abstraite ,

en particulier celle du prolétariat et de la révolution. «Je

suis pour le peuple, mais je détesterais vivre avec», a-t-on écrit

plaisamment, et l'on pourrait ajouter : «L'insurrection est belle,

surtout à distance, dans le temps ou dans l'espace, ou les deux.»

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