Entre chien et loup : la veillée, naissance d'un mythe ? : les veillées en Auvergne, du XIXe siècle à nos jours : exposition, Riom, Musée Francisque-Mandet et Musée régional d'Auvergne, du 29 novembre au 30 décembre 2003

Entre chien et loup : la veillée, naissance d'un mythe ? : les veillées en Auvergne, du XIXe siècle à nos jours : exposition, Riom, Musée Francisque-Mandet et Musée régional d'Auvergne, du 29 novembre au 30 décembre 2003

Entre chien et loup : la veillée, naissance d'un mythe ? : les veillées en Auvergne, du XIXe siècle à nos jours : exposition, Riom, Musée Francisque-Mandet et Musée régional d'Auvergne, du 29 novembre au 30 décembre 2003
Éditeur: Somogy
2003239 pagesISBN 9782850566622
Format: BrochéLangue : Français

Encore présente dans l'imaginaire collectif, la veillée évoque le plus souvent

un moment d'intimité et de partage. Passage entre le jour et la nuit, ce temps

est également celui de la libération des imaginations et des fantasmes. Pourtant,

curieusement, la veillée est peu représentée dans l'iconographie et la littérature

et rarement traitée par les spécialistes.

Cet ouvrage, qui s'adresse à tout public, se propose d'étudier pour la première fois ce moment qui s'étend

de la fin des activités journalières au sommeil nocturne. Interrogeant objets, écrits, images, contes et

chants, des ethnologues, des sociologues et des ethnomusicologues,

ainsi que des historiens et des historiens de l'art se sont réunis pour,

chacun dans son domaine, rendre compte de ce que fut la veillée

en Auvergne aux XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles. Les différentes manières de

regroupement nocturne dans la société d'aujourd'hui sont

également abordées.

À cette occasion, l'artiste Jean-Paul Marcheschi livre son

interprétation contemporaine de la veillée à travers une

oeuvre monumentale présentée dans l'ancienne chapelle

du musée régional d'Auvergne et reproduite ici.

L'ensemble montre une image multiple de ces heures particulières,

au cours desquelles les hommes ont mis et mettent

encore en place des rituels dans l'attente de l'arrivée de la nuit,

heures étranges,

entre chien et loup.

L'Agence

des musiques traditionnelles

en Auvergne (AMTA),

pôle de ressources dans le domaine des musiques et danses

traditionnelles, est depuis toujours un témoin curieux de

souvenirs du passé et avide de projets d'avenir.

En travaillant pour les musiques de tous «les pays» qui

composent cette région, nous avons avant tout rencontré des

femmes et des hommes, ceux-là mêmes qui pensent, vivent

et construisent ces paysages.

Cette connaissance d'entre les sons ou d'entre les chansons,

c'est surtout celle de l'accès à une mythologie particulière qui

n'a jamais cessé d'exister et de s'adapter pour qu'on puisse la

saisir afin d'imaginer le temps de demain.

Aujourd'hui, nous sommes prêts et plus que jamais désireux

de partager notre expérience pour participer à la réalisation

de projets où la musique serait le lien avec toutes celles,

voisines, que sont le jazz, les musiques actuelles, les

musiques classiques, la musique vocale... qu'elles soient

issues de pratiques amateurs ou professionnelles.

Un autre aspect, et peut-être le plus important, est la possibilité

qu'a l'AMTA de poser une parole dans le vaste débat

qu'est celui du devenir des «pays» d'Auvergne, de l'aménagement

de ce territoire à son développement local.

Aujourd'hui tout particulièrement, au regard des expériences

mises en oeuvre dans l'autres régions voire dans l'autres

pays, nous pouvons participer à des réflexions susceptibles

d'utiliser notre savoir-faire. Si sans nul doute notre propos

reste périphérique, il n'en est pas moins porteur de sens pour

de nombreux desseins qui souhaitent propulser l'Auvergne

hors des stéréotypes et des enfermements dus à des mentalités

en difficulté face à la démesure du travail à accomplir.

C'est dans cet état d'esprit et pour toutes ces raisons que

l'AMTA s'est associée à ce projet transversal de recherche sur

la veillée en Auvergne, aboutissant à une publication écrite

et à une exposition.

Durant trois années, nous avons confronté nos approches,

nos savoir-faire et nos méthodologies pour aboutir à une

meilleure connaissance de l'organisation et des fonctions de

ce temps social qu'est la veillée.

Cette réalisation n'est autre qu'un des prolongements possibles

de nos missions.

Héritier de l'écomusée de la Margeride et du Groupe auvergnat

d'études régionales, dont plusieurs responsables furent,

il y a vingt ans, les fondateurs, le conservatoire régional de

l'Habitat et des Paysages est né à la fois, de la volonté de

transmettre aux générations futures certains sites remarquables,

et de la conviction qu'au-delà de la nécessaire

transformation des territoires, les paysages d'Auvergne

portent, aujourd'hui comme hier, les germes de nouveaux

développements.

Encore fallait-il conserver l'acquis et transmettre expériences,

savoirs, savoir-être dont l'empreinte marque

profondément l'architecture et les paysages et modèle,

actuellement, les comportements, longtemps après la disparition

des premiers habitants.

C'est pourquoi, dès sa création, puis son rattachement au

troisième cycle d'anthropologie et d'architecture de l'école

d'architecture de Clermont-Ferrand, le Conservatoire a

investi dans l'étude anthropologique des lieux, de leurs

usages et de leurs représentations.

La modernité a soumis le paysage à des représentations aux

antipodes des conceptions vernaculaires, selon lesquelles le

paysage est à l'image du cosmos, comme la cathédrale

gothique était à l'image de la Jérusalem céleste. Cette transformation

de nos rapports au monde s'est faite au profit de

la soumission de nos formes d'habitat aux sciences de la

nature. Le mouvement moderne a exprimé notre conception

du monde dans l'exaltation de l'air et de la lumière. Nos

pratiques constructives réduisent la relation de l'humanité à

l'étendue du monde en termes de descriptions «scientifiques»

quantifiables, là où autrefois, dans nos sociétés

traditionnelles, urbaines ou rurales, la ville et la nature

procédaient d'une seule et unique manière d'être au monde.

Ces sociétés avaient créé des lieux qui exprimaient la vie

humaine et le cadre de son existence dans une globalité

accessible à tous et à chacun. La veillée ou plutôt les veillées

réunissaient non seulement la famille, mais reconstituaient

l'écoumène dans un espace-temps réduit dont le lieu devenait

l'enveloppe d'un soir et l'instrument de la transmission

du savoir-être.

Comprendre la veillée et l'habitation dans leurs déclinaisons

multiples c'est partager la conception d'Augustin Berque

pour qui il ne peut y avoir, aujourd'hui comme hier, de

construction du monde «que dans le respect de la personne

humaine et dans le respect des milieux qu'elle investit de son

humanité».

C'est, à vrai dire, la seule utilité fondatrice et fondamentale

que nous confère la conservation des cultures et des lieux

qui en sont le produit. Tout un programme d'ambitieuse

modestie qui nous appelle à l'innovation. Certains nomment

cela création.

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