Alfred Maizières : une jeunesse ardennaise à l'heure prussienne en 1870

Le 21 août 1870, Napoléon III quitte le camp de Châlons-sur-Marne
avec une grande partie de son armée ; on connaît la suite : une capitulation
honteuse, sans condition, à Sedan où des dizaines de milliers de soldats
sont faits prisonniers.
Le pays des Ardennes, durement frappé, sera occupé pendant cinq ans.
A peine âgé de 12 ans, Alfred Maizières, né de «père inconnu» quitte
son village natal de Neuville-Day, sa mère Marie-Jeanne, son grand-père
François le berger, son ami Pierre, le fils du meunier, pour se placer à la
ferme de la Sabotterie.
La guerre le surprend avec son cortège d'horreurs : occupation,
réquisitions sévères en tous genres, répression féroce contre les francs-tireurs,
la ferme où il habite est anéantie.
C'est à Roche, entre Vouziers et Attigny, qu'Alfred devient commis et
qu'il rencontre, à plusieurs reprises, un certain Jean Nicolas Arthur
Rimbaud qui aura sur lui une influence considérable.