Catalogue des ostraca littéraires de Deir al-Medîna. Vol. 5. Numéros 1775-1873 et 1156

Issus de fouilles de l'Ifao menées au début du XX<sup>e</sup> siècle, ce sont plusieurs
milliers d'ostraca «littéraires» datant du Nouvel Empire qui ont été
découverts à Deir al-Médîna, le village des artisans de la Tombe royale, sur
la rive ouest de Thèbes. Ils portent, dans leur grande majorité, les exercices
d'étudiants plus ou moins avancés dans l'étude des divers aspects du
métier de scribe. Les pièces rassemblées dans ce volume ont été choisies
afin d'illustrer cet apprentissage progressif des belles-lettres en Égypte
ancienne. Le débutant est suivi pas à pas dans ses premiers essais d'écriture
puis dans des exercices de vocabulaire sur les anthroponymes, toponymes
ou noms royaux, par exemple. Ces connaissances indispensables acquises,
l'étudiant pouvait s'exercer sur les textes classiques - «sagesses» et
«enseignements», hymnes et récits littéraires. Les plus expérimentés - ou
les plus doués - d'entre eux devaient alors copier, et sans doute mémoriser,
les grandes compositions littéraires, dans la cursive ramesside qu'ils étaient
censés posséder parfaitement : nombre d'ostraca émaillés de corrections
dues au maître ou à l'élève lui-même révèlent cette phase capitale des
études ; elle est surtout illustrée ici par l' Enseignement d'un homme à son
fils. L'assimilation de la paléographie du Moyen Empire, conçue peut-être
comme l'aboutissement du cursus, était sans doute considérée comme
un des exercices les plus difficiles, ce dont témoigne un grand nombre de
passages de la Kemyt , texte essentiel dans la formation du parfait lettré.