Le cher disparu

Prendre pour sujet d'une comédie, noire certes, une question
aussi grave et sérieuse que les rites funéraires, il fallait oser :
Evelyn Waugh, le génial écrivain britannique, catholique fervent
et auteur de l'inoubliable
Retour à Brideshead
l'a fait.
Sans doute cet humoriste à froid, laissant pour une fois en paix
ses compatriotes de la blanche Albion, choisit-il ici comme cible
l'Amérique, où les choses ont pris une dimension telle qu'elles
en deviennent outrageusement cocasses. Aussi bien est-ce en se
retenant - mal ! - de pouffer de rire que l'on suit, dans ce roman
aussi féroce que drôle, les mésaventures de Dennis Barlow.
Le jeune homme quitte son poste aux Bienheureux Halliers,
entreprise de pompes funèbres pour animaux, pour se rendre
aux Celestes Pourpris de Los Angeles dans le but d'aider
à l'organisation des obsèques de son ami Francis, employé
modèle d'un studio de cinéma, qui s'est pendu après avoir appris
son licenciement. Au-delà du cas d'espèce, Evelyn Waugh
s'en prend avec une jubilation non dissimulée aux travers de la
civilisation contemporaine. Comment ne pas l'accompagner ?