Les grands discours de guerre

« Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le
dernier Gouvernement régulier de la France. L'équipe
mixte du défaitisme et de la trahison s'emparait du
pouvoir dans un pronunciamento de panique. Une
clique de politiciens tarés, d'affairistes sans honneur,
de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se
ruait à l'usurpation en même temps qu'à la servitude.
Un vieillard de quatre-vingt-quatre ans, triste enveloppe
d'une gloire passée, était hissé sur le pavois de
la défaite pour endosser la capitulation et tromper le
peuple stupéfait.
Le lendemain naissait la France libre. »
Voici son histoire, à travers quinze discours fondateurs
prononcés par Charles de Gaulle, depuis l'Appel
jusqu'au célèbre «Paris libéré».
On y retrouve le fil conducteur des anniversaires
du 18 juin - chanson de geste de l'épopée -, mais
aussi des discours prophétiques où se dévoile le génie
visionnaire du Général. A Oxford, il s'inquiète des
prémices de ce que quelques décennies plus tard on
appellera «mondialisation», tandis qu'à Brazzaville il
pose la première pierre du processus de décolonisation.
Dans un essai introductif qui fera date, Régis
Debray dépeint la solitude du Connétable pour mieux
saluer la geste et le style du «général micro», dont
les discours - requiem d'un temps littéraire de la
politique - ont permis à la France de «traverser ces
soixante dernières années en première classe avec un
ticket de seconde».