Louis Alexandre de La Rochefoucauld (1743-1792) : un aristocrate au service de la science

Le duc de La Rochefoucauld a participé à bien des révolutions
en cette deuxième moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle si tourmentée. Nous
n'évoquerons pas ici son engagement total dans la Révolution
française, qu'il a appelée de ses voeux et qui a causé sa perte, mais
sa participation très active au grand bouillonnement intellectuel
et scientifique dont les sciences modernes sont issues.
Le duc est d'abord un grand voyageur qui nous fait découvrir
une Europe des savants (Suisse, Italie, Suède...) où le français est
souvent la langue épistolaire, où les découvertes et les connaissances
sont diffusées, discutées, critiquées sur la place publique, une
Europe où la diffusion des idées ne connaît ni frontières ni réelle
censure, tant par les lettres que les livres ou les journaux.
Cet aristocrate est un érudit estimé des plus grands savants
français ou étrangers avec qui il entretient une correspondance
fournie, qui se retrouve acteur dans les plus grandes avancées
scientifiques de son temps (géologie, volcanisme, électricité,
médecine, chimie, aérostats etc...) mais aussi témoin des rivalités
entre neptuniens et vulcaniens quant à la formation du relief,
des batailles entre phlogisticiens et partisans de l'oxygène quant
à la composition de l'air...
Président de l'Académie des sciences et de l'Académie de
médecine, le duc participe à de nombreux travaux dont la
commission des aérostats qui siège en son hôtel. Lavoisier,
Condorcet, Dolomieu, Desmarest, la liste de ses amis savants
est très longue.
Le duc est aussi un mécène et un protecteur à une époque où
rien ne peut se faire sans l'appui des grands du royaume.
C'est le quatrième ouvrage que Daniel Vaugelade consacre
aux La Rochefoucauld et le troisième publié dans le cadre de la
Bibliothèque fantôme du château de La Roche-Guyon