Demeterre. Comme si l'amour...

Il y a la fable atemporelle que l'on nomme mythe, il y a la vie
réelle et il y a la médiation de l'écriture.
La voix poétique empruntant le mythe, emprunte un langage
qui préexiste au poème ; diffus dans le texte, il travaille en lui.
Convoquer les figures de Déméter, Hécate, Antigone, les
Amazones, c'est pour l'auteur tricéphale qu'est Malibert,
pouvoir faire entendre leur écho et leur résonance dans leurs
vies de femmes.
De rayons en rayonnement , le mythe sert d'amplificateur au vécu
multiple de ces filles de chair, filles d'encre qui depuis leur métier,
depuis l'ombre/disent leur quête tenace/pour cette part/arrachée/offerte
et partagée/d'elle-même.
À travers ces figures, l'anecdotique de la vie révèle la part
d'éternité, comme silencieuse, de toute vie. Le mythe permet
de rejoindre l'expérience collective du vivre au-delà de toute
temporalité.
Par son mouvement réflexif, l'écriture de Malibert essaie d'ouvrir
un espace commun à l'auteur et au lecteur.