Aurore de Trenarvan

Cette fois ce fut Madame La Roche qui soupira, Aurore
aurait bientôt dix huit ans, l'âge pour une jeune fille de faire
ses débuts dans le monde, l'âge du mariage bientôt. Certes
Aurore, tant par sa beauté que par ses qualités méritait le
meilleur parti, hélas, la pauvre tante devait bien admettre
que l'établissement de cette pauvre enfant serait difficile.
Les lois du monde sont ce qu'elles sont et le monde n'a
rien à faire de la beauté et des qualités morales d'une enfant
qui n'a pas de fortune.
Plus Madame La Roche songeait à ce problème, plus il
lui semblait déraisonnable que son voeu le plus cher puisse
se réaliser.
Pourtant elle ne pouvait revenir d'une certaine foi naïve
dans la Providence - là, pensait-elle, où l'on ne voit aucune
solution on peut encore espérer un miracle - et Madame
La Roche se refusait à jamais renoncer à l'espoir.