La dépression masculine : comprendre et faire face

Pourquoi parler de la dépression masculine ? La dépression
aurait-elle un sexe ? Discussion byzantine ou
problème majeur de santé publique ? Les données
épidémiologiques tranchent la question : alors qu'ils
paraissent deux fois moins atteints de la maladie, les
hommes se suicident jusqu'à quatre fois plus que les
femmes. En fait l'homme déprimé diffère par bien
des aspects de la femme. Sa dépression est trop
souvent mal comprise, à commencer par lui-même.
Elle reste aussi méconnue de son entourage, voire
d'une bonne partie du corps médical. Il est vrai que
lorsque l'irritabilité et la frustration masquent la tristesse,
que reproches et transgressions se substituent
à la culpabilité, que l'hyperactivité et excès en tout
genre prennent la place de l'apathie, le diagnostic de
dépression ne vient pas à l'esprit.
Alors que de très nombreuses publications anglosaxonnes
se sont penchées ces dernières années sur
les spécificités de la dépression chez l'homme, très
peu d'ouvrages de synthèse ont été publiés en français
à ce sujet. Ce recueil dans la langue de Voltaire
vient donc compléter la gamme et rendre hommage,
au passage, au génie de ce philosophe qui, dans
Candide , dénonçait «la rage de soutenir que tout est
bien quand on est mal». La formule résume si bien le
déni hostile caractérisant la dépression virile !
L'ouvrage s'adresse aux soignants visant à combler
un angle mort de la pratique clinique, mais également
aux patients afin de les inciter à agir en revoyant leur
état comme un trouble soignable, et à leurs proches
de manière à comprendre plutôt qu'à subir.