La Chine

La Chine

La Chine
Éditeur: Aedis
20038 pagesISBN 9782842591946
Format: BrochéLangue : Français

Si les deux grands courants de la pensée chinoise sont le confucianisme

et le taoïsme, ils ne peuvent toutefois occulter l'apport d'autres doctrines

y compris de provenance étrangère. C'est le cas du bouddhisme,

assimilé au cours des siècles par la civilisation chinoise. On peut toutefois

affirmer qu'il n'existe pas en Chine de religion à proprement parler mais

plutôt un syncrétisme religieux associé à des doctrines philosophiques

spécifiques à cette civilisation.

Confucius et le confucianisme

Originaire de l'État de Lu, à l'époque des

Royaumes combattants, Kong Zi parcourt le

pays, essayant de conseiller les rois des différents

États qui se partagent alors la Chine.

N'obtenant aucun résultat, il retourne dans son

pays et y ouvre une école.

Philosophe des relations sociales harmonieuses,

Confucius prône l'ordre et la

paix dans une société où domine la

confusion. Défenseur de la justice

sociale dans une société féodale, il

tente de changer les mentalités par

l'enseignement de valeurs telles

que le respect des individus. Il s'exprime également pour l'éducation

généralisée et souhaite voir confier la gestion des affaires d'État à des

individus intellectuellement qualifiés.

Selon Confucius, un bon gouvernement est fondé sur le respect des êtres :

c'est le principe de l'humanisme, ren , qui prévaut. De même, les êtres

humains sont, selon lui, régis par une hiérarchie et doivent obéir à des

rites. Enfin, l'objectif de tout homme doit être de devenir un junzi, c'est-à-dire

un homme honnête, instruit et policé.

Rationnel, Confucius est opposé aux superstitions.

Symbole de l'attitude collective chinoise, du pragmatisme et de l'ordre, le

confucianisme devient la doctrine officielle sous les Han (II<sup>e</sup> siècle av. J.-C.)

et se transforme en religion d'État au I<sup>er</sup> siècle de notre ère. Un culte est

rendu à Confucius. Parmi ses disciples, le plus célèbre est Mengzi

(Mencius), un sage du IV<sup>e</sup> siècle avant notre ère, mais bien d'autres penseurs

se sont inspirés de ses propos.

Sous le régime communiste de Mao Tsé-toung, Confucius et sa doctrine,

accusés de bien des maux dont souffre la société chinoise, sont voués aux

enfers. Un retour en grâce a lieu dans les années 1980. Entre temps, sa pensée

a influencé les sociétés de presque toute l'Asie de l'Est et du Sud-Est.

Le taoïsme

Les taoïstes se réfèrent moins à un maître qu'à un but : atteindre le Dao,

principe régulateur de l'Univers. Traduit par voie ou encore ordre de la

nature, le Dao est en quelque sorte l'affirmation d'une unité de la nature

ainsi énoncée : «le Dao donna naissance à l'Un. L'Un donna naissance

aux Deux. Les Deux donnèrent naissance aux Trois. Les Trois donnèrent

naissance aux dix mille êtres». Le taoïsme prend sa source du côté des

chamans et magiciens. Sur un arrière-fond religieux et philosophique, il

inclut bon nombre d'éléments de magie.

Volontairement en retrait de la société humaine, les taoïstes s'attachent

à observer la nature et ses éléments. Leurs observations s'accompagnent

d'expérimentations, de travaux manuels et de pratiques d'alchimie. À la

base de l'élaboration de la science chinoise, le Taoïsme a contribué à la

création d'un naturalisme scientifique.

Versés dans la recherche de l'immortalité, les taoïstes pratiquent des

exercices respiratoires, mouvements gymniques et techniques sexuelles

appropriées.

La notion fondamentale chez les taoïstes de «non agir» ou Wuwel ,

s'exerce par l'action spontanée, en laissant l'harmonie naturelle suivre son

cours. Le non agir mène à l'unité originelle et permet d'atteindre le Dao.

Parmi les nombreux sages taoïstes, deux d'entre eux sont particulièrement

célèbres : Laozi et Zhuangzi. Le Daodejing, livre de la voie et de la

vertu, attribué à Laozi, est le livre chinois le plus traduit dans les langues

occidentales. Recueil de maximes et d'aphorismes, il côtoie un autre

ouvrage de référence, le Zhuangzi, datant du III<sup>e</sup> siècle avant J.-C.

Déconsidérés par les confucianistes en raison de leurs refus de s'impliquer

dans les affaires des Royaumes, et pour leurs superstitions, les

taoïstes restent les adversaires principaux des confucianistes, à l'exception

de courtes périodes où les deux courants ont pu collaborer à des travaux

communs. Tout dans leurs approches semble les opposer, si bien

qu'on a pu caractériser le confucianisme d'énergie Yang, de par un souci

d'organisation et de domination, et les taoïstes d'énergie Yin, en raison

de leur approche réceptive, féminine et libre de toute théorie.

Au III<sup>e</sup> siècle de notre ère, le taoïsme devient une religion, des temples

sont construits. L'influence de cette doctrine sera forte, notamment via

les sociétés secrètes qui jalonnent l'histoire politique et sociale de la

Chine. Souvent discrédité dans son pays d'origine, le taoïsme connaît un

engouement récent dans les sociétés occidentales contemporaines.

La pensée bouddhiste

Les premiers bouddhistes font leur apparition en Chine à partir du milieu

du I<sup>er</sup> siècle de notre ère. Née en Inde, la doctrine et religion bouddhiste

pénètre en Chine du Nord par la route des oasis et en Chine du Sud par

la voie des mers. L'assimilation a lieu entre les II<sup>e</sup> siècle et V<sup>e</sup> siècle. Le VI<sup>e</sup>

siècle voit le développement du bouddhisme Chan et du bouddhisme

tantrique qui rejoint, par certains côtés, la mystique taoïste. De nombreux

textes sont traduits. Une ferveur religieuse se propage, qui influence profondément

l'art, à travers la peinture, les fresques, l'architecture et la

sculpture. C'est l'époque des grands sanctuaires creusés dans les falaises

et des bouddhas géants sculptés, comme en attestent les sites de

Datong, au Shanxi et de Luoyang au Henan, ou encore les grottes de

Dunhuang.

Des pèlerins prennent la route de l'Inde et de l'Asie centrale. Parmi eux,

le moine Xuanzang, au VII<sup>e</sup> siècle, passe douze années en Inde d'où il rapporte

de nombreux ouvrages. Son voyage a inspiré le célèbre roman

Xiyouji , «le Voyage en Occident».

L'an 843 marque un coup d'arrêt à cette religion qui fait l'objet d'une

grande proscription durant deux ans. Les biens des temples sont confisqués,

de nombreux sites saccagés. Le bouddhisme ne connaîtra plus

jamais une telle force en Chine, malgré un regain d'intérêt, entre le XI<sup>e</sup> et

le XII<sup>e</sup> siècle, sous le règne de la pensée néo-confucianiste.

Les conceptions bouddhistes sont en accord avec la pensée chinoise relative

à la notion de changement et à la conviction que l'espace et le temps

sont infinis. De plus, le bouddhisme introduit en Chine le concept de rétribution

des actes ou doctrine du karma, la croyance aux renaissances animales,

aux effets magiques de répétition de formules, ainsi que la vertu

de compassion.

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