Histoire religieuse de la Guadeloupe au XXe siècle : 1911-1970

L'application de la loi de séparation des Églises et de l'État sonne
la fin d'une étape de l'histoire religieuse de la Guadeloupe. «La
République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.»
Après la perte de sa mission d'enseignement, l'Église catholique de la
Guadeloupe perd officiellement le soutien de l'État pour la gestion de
la société guadeloupéenne et son action est désormais reléguée dans
une sphère privée. Cette rupture des accords concordataires place
l'Église locale dans une grave crise, sans précèdent depuis l'épisode
révolutionnaire, qui la fragilise et soulève des questionnements
quant à sa survie dans la colonie. La crise en personnel rend
difficile l'encadrement optimal des fidèles. Les projets, républicain,
communiste, socialiste et indépendantiste constituent autant de
projets de société concurrents auxquels elle doit désormais faire
face. Les changements sociaux et sociétaux qui émaillent le diocèse
durant cette période l'oblige également à renouveler son message
pour imposer la voie de l'Église et garder son leadership dans la
société guadeloupéenne.
Ce livre se propose donc d'étudier cette nouvelle phase de
l'histoire religieuse de la Guadeloupe qui commence en février 1911
avec l'application de la loi de séparation des Églises et de l'État et qui
s'achève en août 1970 avec la nomination de Mgr Oualli, 1<sup>er</sup> Évêque
guadeloupéen, examinant sur le plan religieux, politique, social et
sociétal l'action de l'épiscopat guadeloupéen pour garder la mainmise
sur la société guadeloupéenne.