Le savoir vagabond : histoire de l'enseignement de la médecine

Le savoir vagabond : histoire de l'enseignement de la médecine

Le savoir vagabond : histoire de l'enseignement de la médecine
Éditeur: Docis
2013415 pagesISBN 9782855253848
Format: BrochéLangue : Français

Au début, l'enseignement de l'art de guérir s'est transmis par

compagnonnage, sans livres, à la façon dont le centaure Chiron aurait

éduqué le demi-dieu Asclépios, par «la parole, le couteau et les

herbes». Les médecins grecs, les Asclépiades, formaient ainsi leurs

élèves au chevet des patients. Au IV<sup>e</sup> siècle avant notre ère, Hippocrate

de Cos débarrasse la médecine de ses oripeaux de religion et de magie,

en postulant que les maladies ont des causes naturelles. C'est à cette

époque que les premières écoles de médecine apparaissent sur le

pourtour méditerranéen. Dès lors, le savoir médical va vagabonder

selon les vicissitudes des temps. On le verra prospérer, puis s'éteindre

dans de nombreux foyers de lumière, à Alexandrie, à Gundishapur, à

Bagdad, au Caire, à Kairouan, à Cordoue... L'héritage de la médecine

grecque est transmis aux Perses, puis aux Arabes qui ont su le préserver.

En Occident, l'enseignement médical connaît un long sommeil

dans le haut Moyen Âge, quand la médecine n'est plus exercée que

par les moines bénédictins durant près de sept siècles. Renaissant en

Occident à Salerne, le savoir médical connaît un renouveau lors de la

création des universités, à partir du XIII<sup>e</sup> siècle, à Bologne, Montpellier,

Paris et Padoue. À la Renaissance, on remet en cause le savoir antique

et une profonde révolution culturelle métamorphose la médecine. On

explore le corps humain et on se met à quantifier les phénomènes vitaux

en mesurant le pouls et la température corporelle... Harvey découvre

la circulation sanguine. C'est la naissance de la médecine moderne qui

bouleversera l'enseignement médical traditionnel. Suivra l'approche

anatomo-clinique qui classe les maladies en fonction des symptômes

et des lésions observées à l'autopsie. L'enseignement clinique sera

mis au pinacle par l'École française au XIX<sup>e</sup> siècle, avant de connaître

une embellie dans les pays germaniques, qui associent la clinique

à l'enseignement et à la recherche, une prémonition des Centres

hospitalo-universitaires, mis en oeuvre en 1958 par Robert Debré.

Aujourd'hui, le coeur battant de l'enseignement et de la recherche

médicale se situe Outre-Atlantique, à Baltimore, Boston, Yale,

San Francisco... Jamais la médecine n'a connu plus féconde période.

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