Anthologie des peintres pompiers

Depuis cent ans, la critique artistique n'a plus voulu voir
que les impressionnistes et on a roulé dans les réserves aussi
bien Lady Godiva nue sur son cheval représentée par
Lefebvre que le Caïn vêtu de peaux de bêtes peint par
Cormon.
Académiques, kitsch, ridicules, et suprême injure,
«pompiers», tous ces qualificatifs veulent jeter l'opprobre
sur les peintres académiques de la fin du XIX<sup>e</sup> et du début du
XX<sup>e</sup> siècle. Pourtant, pourtant, cette peinture parle
aux yeux par une technique irréprochable, aussi bien qu'au coeur par une réelle
sensualité et qu'au cerveau par une ingénuité perverse, par des références
mythologiques ou historiques, non dénuées de subtilités, et par un jeu sur les
différents niveaux de la création.
Certaines des oeuvres présentées ici par la Bibliothèque des Introuvables n'ont
jamais été vues depuis plus d'un siècle.
Dali disait «Hommage à Meissonier», reprenons avec lui «Hommage à tous les
pompiers», ces grands oubliés de la peinture.