Revue du MAUSS, n° 38. Emancipation, individuation, subjectivation : psychanalyse, philosophie et science sociale (fin)

Où il est montré (entre beaucoup
d'autres choses) que non seulement
la psychanalyse est en définitive aussi ou
plus efficace que les psychothérapies concurrentes,
mais que c'est à la psychanalyse que ces dernières
doivent l'essentiel de ce qui marche chez elles. Ce
constat purement empirique - qui remet en cause
les condamnations positivistes trop rapides, qu'on
croyait presque acquises, notamment à l'Inserm -,
ne fournit toutefois en tant que tel aucune justification
des théories analytiques, quelles que soient
les multiples obédiences dont elles relèvent. La
confrontation de la psychanalyse, de la philosophie
politique et des sciences sociales reste donc plus
nécessaire que jamais.
On la mène ici, dans la foulée du précédent
numéro, autour de la thématique de l'émancipation,
qui figure l'idéal par excellence, tant individuel que
collectif. Comment l'entendre ? S'émanciper, est-ce
devenir un individu ? Un sujet ? Un peuple souverain
? Et qu'est-ce à dire ? Quoi de plus émancipé
par exemple, que le sujet économique (et son
apothéose, le trader ), enfin affranchi de toute relation
de don avec ses semblables, n'ayant d'obligation
qu'envers lui-même et ses «préférences» du
moment ? Est-ce là notre idéal ? Certainement pas !
Il reste donc à expliciter quelle émancipation il
nous est effectivement permis d'espérer.