Matteo Ricci, un jésuite en Chine : les savoirs en partage au XVIIe siècle

Matteo Ricci un jésuite en chine avec huit lettres inédites
J'insiste encore pour qu'on envoie un ou deux astronomes à la Chine (...) Si ce mathématicien venait en Chine (...) notre réputation irait en grandissant, l'entrée en Chine nous serait facilitée, notre séjour plus assuré et nous y jouirions de plus de liberté.
(M. Ricci, 12 mai 1605 à un correspondant européen)
Un ouvrage à l'occasion du 400<sup>e</sup> anniversaire de la mort de Ricci autour de son projet missionnaire d'« accommodation culturelle » et de sa contribution à l'histoire des sciences en Chine.
La méthode missionnaire de Ricci, ou son « accommodation culturelle », s'adressait à l'élite des lettrés qu'il s'agissait de gagner à l'idée que le christianisme était une religion qu'ils ne pouvaient que respecter, et donc autoriser. On découvrira avec J. S. Sebes que ce « style » était fortement lié à la personnalité charismatique de Ricci, à son humanisme, à sa très fine intelligence ; aussi ses successeurs n'auront-ils pas tous le même accueil. Mais un pont était jeté.
Dans le domaine des sciences, H. Bernard Maître rappelle que la Chine avait une tradition solide en mathématiques, mais tombée dans l'oubli, et que Ricci a pu amener les Chinois à renouer avec leur propre tradition : « La formation scientifique du P. Ricci », « Le Problème de l'astronomie chinoise » ou encore « Le P. Ricci cartographe ».
Huit lettres de Matteo Ricci inédites en français
Enfin, figurent des textes de Ricci lui-même avec un chapitre de son oeuvre majeure, La Vraie doctrine du Seigneur du Ciel , et huit lettres - inédites en français - qui apportent un éclairage significatif sur la personnalité de ce pionnier des échanges culturels.
A sa mort, le 11 mai 1610, l'empereur permit que soit enterré à Pékin ce « lettré d'Occident » dont les oeuvres, notamment le - Traité de l'amitié , allaient figurer dans l'Encyclopédie impériale. En France, son Histoire de l'expédition chrestienne au royaume de la Chine , suivie de la « mission française » à Pékin, ouvre la voie à ce qui deviendra la « sinologie ».
Ricci fait partie de l'histoire de la Chine comme de celle de l'Europe pour avoir instauré un dialogue entre nos cultures respectives, dans le respect de l'autre et sous le signe de l'amitié.