Montagnes sacrées d'Europe : actes du colloque Religion et montagnes, Tarbes, 30 mai-2 juin 2002

Depuis Moïse gravissant le mont Sinaï jusqu'aux conquérants des cimes
enneigées, les hauts lieux inspirent un comportement religieux. Là, l'homme
aspire parfois à se dépasser, à atteindre l'essence même de son être et, partant,
son Créateur.
S'il n'y a pas de religion des montagnes, s'il n'y a pas de déterminisme des
hauteurs à l'expression de la transcendance, il semble évident que celles-ci
présentent des croyances et des manifestations religieuses originales en
Europe. Domaine de prédilection des dieux antiques, de Pan et des
Nymphes, des esprits, des géants, des fées et des sorcières aussi bien que
de la Vierge, elles se prêtent volontiers à l'accueil d'ermites épris de désert.
Elles ouvrent leurs estives aux bêtes et aux hommes par des rites, elles
christianisent les passages de cols mortifères et les torrents, comme elles
recèlent des «jardins de Marie». La verticalité minérale, frontière entre les
mondes et donc propice aux épiphanies, oscille constamment entre
Paradis terrestre et Enfers.
Une trentaine de chercheurs historiens, historiens de l'art, théologiens,
sociologues, ethnologues, ont confronté leurs approches. Ils nous livrent
le fruit d'une réflexion croisée sur nos montagnes européennes, ils esquissent
une comparaison des sociétés et des rites, nous introduisant ainsi à une
nouvelle lecture des faits religieux dans notre espace familier.