Le solitaire du Pas-du-Loup

«Laissez donc la porte ouverte, Monsieur Legoux, puisque
vous m'avez dit que vous n'aviez pas grand-chose à
voler. Celle de votre maison et celle de votre intimité. Ça
ne changera rien et ça me permettra d'entrer vous dire
un bonjour quand je passerai», s'exclame le Dr Lejay.
À un an de la retraite, Claude Legoux, instituteur, vit une
crise existentielle après son veuvage et la mort de sa mère.
Déchargé de classe, il assure par correspondance l'éducation
d'enfants éloignés d'une école. Las de la grande Cité, il
a racheté la maison qui avait appartenu à son grand-père
maternel, sur les terres humides des confins du Calvados et
de la Manche ; au grand dam de sa belle-famille, restée en
ville, il vient d'emménager au Pas-du-Loup dans la solitude la
plus complète. Là, sur un épais cahier qui avait appartenu à
son père, décédé trop tôt, sa sensibilité maladive lui dicte au
jour le jour ses réflexions sur le monde moderne, les liens familiaux,
la maladie, la mort et la condition de l'homme face à
lui-même.
S'il se grise d'abord de nostalgie, le fragile Claude "la Déroute"
va vite découvrir et confier à son journal que la solitude
des marais cache un monde complexe et âpre, au voisinage
des dames Varin et de leurs remuants visiteurs, du
père Hellebois, le chasseur, de Josette, l'ancienne camarade
de classe, de P'tite Luce, ex-voisine de sa mère, du
maçon Le Haridel... mais la tendresse surgit parfois de
là où on l'attendait le moins.