François Huet : une vie au service de la France

«Je n'avais pas oublié le général Huet, qui avait montré ses belles qualités
de chef et de soldat au cours d'une carrière longue et fructueuse»,
écrivait le général de Gaulle le 17 janvier 1968, en apprenant la mort de
François Huet.
Après un long séjour au Maroc, où l'influence de Lyautey marquera
profondément sa vision du rôle de l'officier, et une brillante campagne
de France, où il se montre un chef incomparable d'audace et de sang-froid,
le capitaine Huet est chargé de commander l'Escadron de
Saint-Cyr, puis de diriger la mission de liaison entre l'armée et les
Chantiers de jeunesse. Il apparaît comme le symbole d'une génération
officiers qui assuma le rôle ingrat de tirer toutes les conséquences du
désastre militaire, dans le seul souci de forger des hommes pour la
Revanche.
Secrétaire général des «Compagnons de France», pépinière de futurs
résistants, et responsable du réseau «Alliance», animé par Marie-Madeleine
Fourcade, il sera en 1944 l'organisateur et l'âme de l'héroïque
lutte qui opposa le maquis du Vercors à une puissante force allemande.
Général de brigade en 1956, chef de la 7<sup>e</sup> Division mécanique rapide en
Algérie, général de corps d'armée en 1962, commandant de la région
militaire de Lille, il disparaît en 1968, laissant à tous ceux qui l'ont
connu, selon un mot du général Koenig, «mieux qu'un souvenir et qu'un
nom : une clarté».