La Société de construction des Batignolles : des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914)

La Société de construction des Batignolles est le lointain ancêtre
du groupe AMEC SPIE, l'un des leaders européens des services
à la construction. Elle naît en 1846 de la volonté d'un ingénieur
entrepreneur aux qualités exceptionnelles, Ernest Goüin. Admirateur
de l'Angleterre, proche du Saint-simonisme, il en fait, sous le Second
Empire, l'une des plus puissantes entreprises de constructions
mécaniques et métalliques d'Europe. À partir de 1871, elle se transforme
en société anonyme et se réoriente progressivement vers les travaux
publics, réalisant des chantiers de grande ampleur tant dans l'Empire
français (chemins de fer Dakar-Saint-Louis et de Bône à Guelma) qu'à
l'étranger (pont de l'île Marguerite à Budapest, chemin de fer de Pitesci
à Craïova en Bulgarie). Avec son fils Jules, l'entreprise s'oriente de plus
en plus vers les travaux publics. Elle travaille toujours en Europe (port
de Bourgas, ponts Troïtzky et du Palais à Saint Pétersbourg), mais
aussi de plus en plus en Afrique du Nord (port de Tunis) et en Égypte,
dans l'Empire ottoman et en Argentine. Jules Goüin relève le flambeau
à partir de 1908. À la veille de la première guerre mondiale, la SCB
travaille dans le monde entier : au Brésil et au Chili, en Russie et en
Chine. Elle symbolise ainsi la réussite du génie civil français.