La troisième femme : permanence et révolution du féminin

On connaît désormais les communiqués de victoire
relayés par les magazines : affranchies de la servitude
immémoriale de la procréation, exerçant une activité
professionnelle, vivant leur liberté sexuelle, les femmes
battent désormais en brèche les citadelles masculines.
Or Gilles Lipovetsky - observant au plus près les
manières d'être et de penser des individus dans des
domaines aussi divers que l'amour, la séduction, la beauté
physique, le rapport au travail, à la famille et au pouvoir
- dresse un autre constat. Dans l'avancée de la post-modernité,
un élément majeur subsiste dans son altérité
et se recompose dans la configuration individualiste : le
féminin.
Réduites, les oppositions de genres demeurent :
l'homme reste associé prioritairement aux rôles publics et
«instrumentaux», la femme aux rôles privés, esthétiques
et affectifs. Loin d'opérer une rupture absolue avec le
passé historique, la dynamique démocratique le recycle
continûment. En cela, elle ne va pas jusqu'au bout d'elle-même.