Voyager et s'en souvenir : l'appropriation visuelle et matérielle de la Suisse et des Alpes par les voyageurs anglais

Le voyage dans les Alpes
Au XVIII<sup>e</sup> siècle, les premiers voyageurs anglais dans les Alpes commencent à acquérir des estampes produites par un groupe d'artistes connu sous le nom de petits maîtres suisses. Des centaines d'estampes que les grand tourists rapportent en Angleterre, et désormais présentes dans les collections du National Trust, de la British Library et du British Museum. Voyage et image deviennent indissociables.
Un lien se tisse entre les voyageurs (plus tard, les alpinistes) et ces images, dont la nature change d'un siècle à l'autre. En étudiant la diffusion de l'image suisse et la forme matérielle sous laquelle elle a été collectionnée, transportée et conservée depuis le XVIII<sup>e</sup> siècle, Danijela Bucher met en lumière quelles furent les estampes préférées par ces voyageurs, ainsi que l'intérêt qu'ils y ont porté.
Les peintres suisses oeuvrent dès 1750 à produire et à vendre ces estampes aux étrangers de passage. Celles-ci se frayent un chemin dans les maisons anglaises. Souvenirs de voyage, souvenir d'avoir vu, pittoresques ou sublimes, ces estampes prennent, dans le courant du XIX<sup>e</sup> siècle, le statut d'objet d'art. L'Angleterre voit quant à elle fleurir une production parallèle d'images de la Suisse, sous forme de livres illustrés, de peintures panoramiques, ou bien encore de représentations théâtrales à Londres. Quand s'ouvre le XX<sup>e</sup> siècle, la diffusion d'images des Alpes est à son sommet.