La poétique sémiophone : étude sur la sonorité du langage dans la modernité littéraire et musicale

La «poétique sémiophone» est avant tout une exploration de la perception du langage à travers un de ses traits les plus spécifiques: son versant sonore. Ce n'est pas tant dans une analyse des enregistrements sélectionnés que dans une expérience brute de la parole comme objet singulier que l'on a pu révéler, du langage, ce qui semble le sculpter de l'intérieur. Ont ainsi été dégagées dix-neuf «figures sonores» qui se déploient comme autant d'aspects de la langue lorsque, dans l'effacement de tout sens verbal, elle en vient à se désigner elle-même, à «s'exemplifier», dirait Nelson Goodman. S'il est fait ici une large part à la sémiotique greimassienne dans la mesure où elle permet d'ébaucher une taxinomie, c'est toutefois en s'appuyant sur les écrits de Adorno, Barthes, Jakobson, Benjamin ou Foucault, que l'on a pu véritablement donner forme à ce regard transdisciplinaire sur la modernité littéraire et musicale.