L'âge d'or n'est pas pour demain

Une odeur terrible imprègne ces pages admirables.
Un souffle pur, comme celui de la mer, traverse ce
texte.
L'odeur est celle de la pestilence de la misère, des
choses, des latrines, des corps, mais aussi et surtout
celle de la corruption des hommes au pouvoir, nouveaux
maîtres du peuple toujours exploité.
L'air du large, c'est face à ces jouisseurs cyniques, et
à ce peuple impuissant, un homme digne de ce nom,
une conscience, que sa solitude voue au silence, au
désespoir d'une lucidité ardente mais désarmée.
Dans cette oeuvre tragique - puisque les plus nobles
exigences de l'homme s'y heurtent à la brutale nécessité
du monde comme il est - un art d'une rare
maîtrise donne une présence inoubliable aux choses,
aux êtres, au malaise des esprits et au malheur d'un
pays.