Mémoire vive : hommages à Constantin Brailoiu

À un degré ou à un autre, toute musique fait appel à la
mémoire. Chacune - et tout particulièrement les musiques
de l'oralité - est à la fois le produit de sa tradition et
l'expression de son temps. D'où le double souci, pour ceux
dont c'est la tâche d'en étudier les mécanismes (les ethno-musicologues)
et d'en conserver les traces (les archivistes),
à la fois de préserver la mémoire de musiques en voie de
disparition et d'étudier les processus de changement suivis
par celles qui perdurent.
À cet égard, les travaux de Constantin Brailoiu (1893-1958)
demeurent exemplaires. Après plus de vingt ans de
recherches de terrain dans sa Roumanie natale, ce pionnier
de l'ethnomusicologie contemporaine s'établit à Genève,
où il fonde les Archives internationales de musique populaire
(AIMP) en 1944. Dès lors, il n'aura de cesse que de
développer une pensée d'une extraordinaire fécondité,
dont la profondeur et l'universalité ont marqué le développement
de la discipline.
Conçu sous la forme d'un recueil d'hommages adressés
par divers spécialistes européens à la pensée et à
l'oeuvre de Brailoiu, cet ouvrage propose également une
réflexion collective sur les défis - aussi bien mémoriels
que technologiques - que soulèvent la constitution, la
conservation et la valorisation d'archives musicales à l'ère
de la mondialisation.