Promettre, confesser, s'obliger : devant Pierre Christofle, notaire royal à Orléans (1437)

Pourquoi allait-on chez le notaire au Moyen Âge ? La recherche sur le
notariat médiéval n'a pas abordé de front cette question, pourtant essentielle
à la compréhension d'une institution importante tant par la quantité
de documents produits et conservés, que par sa place dans le discours des
historiens et des juristes. Cette édition intégrale des notes prises en 1437
par Pierre Christofle, notaire royal d'Orléans, est précédée d'un essai interprétatif
qui porte un regard original sur tous les contrats enregistrés par
le notaire cette année-là. Le traitement exhaustif d'une année spécifique
permet d'émettre de nouvelles hypothèses sur la fonction de l'institution
orléanaise qui, établie par le pouvoir royal, semble avoir porté et servi les
prétentions des élites urbaines à assurer l'ordre social. Au-delà du rôle juridique
qu'on lui attribue, l'écrit notarié attesterait alors une relation sociale
énoncée par un tiers en position d'autorité : les rapports sociaux qu'il expose
et les normes dont il joue en faisaient un puissant outil de légitimité, de
hiérarchisation et de définition d'une communauté d'intérêts.