Philippe le Bel et les derniers Capétiens

Souverain froid, distant, impitoyable, Philippe IV le Bel est
à juste titre surnommé «le roi de fer». Couronné en 1285,
il embrasse la destinée d'un royaume de France qui n'a pas
encore trouvé ses frontières définitives et dans lequel le pouvoir
royal se heurte à d'innombrables résistances. Ainsi s'expliquent
les interminables et sanglants conflits de Philippe le Bel contre
Édouard I<sup>er</sup> d'Angleterre, contre la Flandre et contre le pape
Boniface VIII.
Confronté à d'importantes difficultés économiques, Philippe IV
prit des mesures radicales et impopulaires : spoliations des biens
des communautés juives et lombardes, manipulations et dévaluations
des monnaies. Pourtant, brillant administrateur, il sut
mettre en place les structures d'un État moderne.
La grande affaire des Templiers surtout, laisse de Philippe le
Bel l'image d'un monarque cruel, voire criminel. Affaibli par la
prétendue malédiction lancée par le grand maître de l'Ordre et
touché par le scandale de l'adultère de ses belles-filles, il mourut
amer et désabusé dans des conditions mystérieuses. Ses trois fils,
qui lui succédèrent sans descendance masculine, laissèrent
finalement le trône de France à la dynastie des Valois, entraînant
le royaume dans la guerre de Cent Ans.