La vocation

Employé dans un fast-food milanais où il est chargé de
cuire des frites plusieurs heures par jour, Luigi Martinotti
a une passion qui donne du sens à sa vie : celle de l'Histoire.
Et il vit si intensément cette passion que, depuis son
"antre de friture", il peut entrer en empathie avec le conquérant
Attila ou accompagner les chevauchées héroïques
de Charles XII de Suède. Sa liaison avec une jeune femme,
son affection pour l'enfant de celle-ci ne sont pas à la
mesure de sa vocation : renoncer à cette dernière serait
renoncer à sa dignité, et à lui-même.
Son meilleur ami, Giuseppe, condamné par une maladie
dégénérative, le pousse à rencontrer un historien célèbre
qui lui fait entrevoir des perspectives de publication.
Mais l'espérance tourne court. Alors s'impose à Martinotti
l'idée d'un acte - un enlèvement d'enfant - qui le délivrerait
à jamais du manque d'argent, et lui ouvrirait enfin
le chemin de l'Histoire.
Cesare De Marchi, pour qui "il n'est pas de manifestation
plus tangible et plus déconcertante du désordre du monde
que la folie", signe ici un grand roman sur la condition
humaine, dans un style qui épouse au plus près les sentiments
et les sensations de son personnage, avec une compassion
qui ne cède jamais aux facilités de la rhétorique.