La belle camarade

Tout semblait prédestiner Caroline Rémy, enfant de
la petite bourgeoisie parisienne, à une vie sage et rangée.
Sa rencontre avec Jules Vallès en décida autrement.
À celle qu'il surnommera la Belle camarade, l'écrivain
commence par enseigner l'alphabet de la révolution :
«Née dans le camp des heureux, vous avez crânement
déserté pour venir, à mon bras, dans le camp des
pauvres, sans crainte de salir vos dentelles au contact
de mes guenilles.» Elle va devenir sa secrétaire et bientôt
sa collaboratrice, sous le nom de Séverine, au quotidien
Le Cri du peuple. Première femme grand reporter, puis
directrice de presse, elle n'hésite pas à descendre au fond
de la mine ou à se faire engager comme ouvrière pour
témoigner, d'une plume acérée et indignée, de la condition
des travailleurs. «J'ai toujours travaillé pour la paix, la justice
et la fraternité», rappellera l'épitaphe gravée sur sa tombe.
Jeune fille en colère, prodigieuse beauté (pour l'amour de
qui les hommes se battent en duel et dont Renoir a peint le
portrait), femme libre et affranchie, vieille dame insoumise...
Dans cette biographie romancée, Martine Marie Muller
retrace l'incroyable parcours d'une flamboyante héroïne
et éclaire les nombreuses facettes d'une vie tumultueuse
où combats et passions se firent en permanence écho.