De la forêt des abeilles au mont Cameroun : ma vie d'Afrique, 1986-1999

«La forêt, vide de gibier, n'était pas aussi attrayante
qu'au Gabon ou au sud du Congo, seuls quelques oiseaux,
quelques rongeurs, quelques reptiles subsistaient, seuls les grands
arbres entourés de lianes géantes donnaient un aspect de jungle
équatoriale. Les hectares déjà exploités, où le passage de
l'exploitation ne se voyait presque plus, étaient vides de gibier,
une malheureuse antilope se faisait piéger de temps en temps.
C'était triste une forêt où il n'y avait aucune peur, aucun frisson
qui peut vous transcender, cela enlève tout le côté aventure de la
forêt.
L'aventure, ici, était bien plus dangereuse : à l'aéroport,
lorsque nous descendions de la passerelle, des mercenaires
insolents, pistolet sur le côté, venaient chercher leurs collègues ;
pour tout dire, je préférais avoir des frissons avec des animaux
en forêt.»