Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar : de Monja Jaona à Ratsimandrava (1960-1975)

Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar : de Monja Jaona à Ratsimandrava (1960-1975)

Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar : de Monja Jaona à Ratsimandrava (1960-1975)
Éditeur: Karthala
2010490 pagesISBN 9782811103958
Format: BrochéLangue : Français

Pays indépendant depuis 1960, Madagascar connaît en 1971-1972 sa première

grande crise. Le régime, réputé stable grâce à l'image débonnaire de son

président, Philibert Tsiranana, s'effondre sous un double impact. D'abord en

1971, la révolte des paysans du Sud déshérité, sans armes, menés par Monja

Jaona, ancien des luttes anticoloniales. Le brutal «rétablissement de l'ordre»

révèle un rapport d'oppression et d'exploitation sous couvert d'un discours

développementiste.

Puis c'est le Mai malgache, manifestations de collégiens et étudiants font

chuter le régime. Une génération de jeunes diplômés réclame des emplois et

s'insurge contre le lien néocolonial. Formée sur place, est-elle pour autant

enracinée identitairement et consciente des difficultés des ruraux qui constituent

plus des trois quarts de la population ? Dans l'encadrement entièrement

français de coopérants et chercheurs, certains sont des alliés dans la critique du

régime et aident à la montée d'intellectuels militants malgaches. Ensemble, ils

opèrent des transferts de concepts et outils pour l'analyse des sociétés locales

en termes de classes.

Mai 1972 amène aussi la prise en charge du paysannat par le ministre et

colonel de gendarmerie Ratsimandrava qui opte pour la voie du fokonolona ,

unité de base en partie autogérée. Populiste, il ne croit ni à la démocratie à

l'occidentale ni aux partis. Son assassinat, éclairé ici avec précision, entraîne

le gauchissement de son plan, repris par Ratsiraka dans un projet de révolution

par le haut.

Ces épisodes majeurs sont éclairés par la parole d'acteurs locaux : paysans

en réunion ou à la radio, histoire de vie de Monja Jaona, tournées de Ratsimandrava,

courriers d'époque et entretiens actuels avec d'anciens coopérants. La

reconstitution du champ intellectuel citadin est confrontée à la méfiance des

«sans diplôme» qui ont la mémoire de 1947 et une riche imagination politique.

Le tout se veut une contribution à la fabrique de l'histoire malgache par

le bas.

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