Al-Andalus : vestiges d'une utopie

«Al-Andalus» - éternelle expression de la nostalgie
d'un âge d'or chez les Maghrébins et les amoureux
de la civilisation arabo-musulmane - aurait pu
fêter son 1300<sup>e</sup> anniversaire en 2011. C'est dans
ce voyage au travers de l'histoire, de la géographie
autant que de la culture euro-méditerranéenne que
l'auteur entend entraîner son lecteur sur le tempo
d'un «que reste-t-il de nos amours ?» Que reste-t-il aujourd'hui de cette
civilisation musulmane et européenne à la fois qui a rayonné au X<sup>e</sup> siècle
jusqu'à placer Cordoue comme la plus grande ville d'Europe ?
Essor scientifique ; coexistence des juifs, des chrétiens - les Mozarabes -
et des musulmans, eux-mêmes en majorité des convertis à côté des
Berbères et des Arabes ; civilisation raffinée qui attirait les beaux esprits
d'Orient et d'Occident ; croissance économique d'une région tirée par
ses villes mythiques comme Séville, Grenade, Cordoue ou Alméria dont
l'effondrement devant les royaumes de Castille en 1492 n'en fera pas
moins la base de l'expansion espagnole en Amérique. Si l'expulsion des
juifs et des musulmans fait écho à la sortie forcée du Paradis, il demeure
toutefois, treize siècles après, au nord comme au sud de la Méditerranée, de
nombreux vestiges de cette utopie. Une utopie qu'il est urgent de partager,
à l'heure des révolutions arabes incertaines et des crises européennes où la
civilisation, la convivance, autrement dit le vivre-ensemble, sont soumis à
rude épreuve.