Récits de vie, récits de langues et mobilités : nouveaux territoires intimes, nouveaux passages vers l'altérité

Cet ouvrage interroge les parcours de vie des acteurs sociaux en situation
de mobilité. Ce terme recouvre des raisons, des situations et des configurations
diverses dans l'espace et le temps. L'expérience du déplacement inscrit
les individus dans des parcours éminemment singuliers et complexes. Les
acteurs de la mobilité sont donc tous ceux qui se déplacent effectivement,
mais ils ne sont pas les seuls à jouer un rôle dans ce processus : ce sont aussi
les co-acteurs de leur mobilité, soit tous ceux qui sont sollicités pour l'accueil,
le conseil, la formation des individus, des groupes en migrance. Pour appréhender
ces trajectoires, nous avons privilégié l'approche autobiographique.
L'une des fonctions du récit de vie, qui peut être un récit de langues, est de
dévoiler, à travers l'histoire individuelle en co-construction intime avec une
histoire collective, les catégorisations sociales et le travail identitaire à l'oeuvre,
les écarts ou les tensions entre les stratégies des individus et les logiques
des institutions. Un lien maïeutique peut émerger entre narration de soi et
(re)médiation de ses identités premières, révélant de nouveaux territoires intimes
et élaborant de nouveaux passages vers l'altérité, des identités elles-mêmes
mobiles. Pour aborder cette complexité, nous avons parié la pluralité
des approches autobiographiques, des ancrages scientifiques et des analyses
méthodologiques du récit de vie, la pluralité des terrains d'enquête et des
publics approchés, des contextes institutionnels et des situations individuelles.