La duchesse de Langeais

La duchesse de Langeais est l'une des
grandes divinités féminines de notre littérature.
Issue d'un sang illustre, Antoinette
de Navarreins voit le jour en 1794,
sous la Terreur, une bien sombre étoile
qui sera pour elle la marque du destin.
Quelque vingt ans plus tard, séparée de
son mari abhorré, c'est l'une des gloires
mondaines du Faubourg Saint-Germain.
Mais que dissimule la coquetterie glacée
de cette aristocratique Célimène ? Et par
quel étrange sortilège l'incandescente passion
d'Armand de Montriveau va-t-elle la
consumer ?
Comme tout chef-d'oeuvre, ce «roman
noir» - primitivement intitulé «Ne touchez
pas à la hache» - est pour partie une autobiographie
sublimée, c'est-à-dire le contraire
d'un roman à clé. «Moi seul sais ce qu'il y
a d'horrible dans La Duchesse de Langeais »,
confiait Balzac. C'est pourquoi l'oeuvre
conserve, depuis plus d'un siècle et demi, son
mystère et sa force de séduction.