Relation de l'établissement des Français depuis l'an 1635 en l'île de la Martinique, l'une des Antilles de l'Amérique. Relation des îles de Saint-Christophe, Gardelouppe et la Martinique, gisantes par les 15 degrés au-deçà de l'équateur

La Relation du missionnaire jésuite Jacques Bouton est le premier ouvrage
français publié sur les Antilles au XVII<sup>e</sup> siècle. Texte souvent cité par les
chroniqueurs de cette époque et les chercheurs d'aujourd'hui, il n'a jamais été
réédité depuis 1640. La Martinique qu'il décrit se réduit au territoire occupé
par les Français depuis 1635 : la côte ouest donnant sur la mer des Antilles.
Mais si limitée soit-elle, sa représentation de l'île donne déjà un bon aperçu
de l'avancée française avec le refoulement de la population caraïbe vers la côte
atlantique (la Cabesterre), et une description assez précise de la faune et de la
flore luxuriante.
En complément de cette «histoire morale et naturelle» de Bouton, qui n'est pas
sans rappeler celle de son confrère espagnol José de Acosta en Amérique du
Sud parue au siècle précédent, on trouvera un texte publicitaire contemporain
fort différent : la Relation du capucin Hyacinthe de Caen. Reprenant quelques
éléments constitutifs du mythe paradisiaque et de celui de l'Âge d'or antique,
l'auteur propose au lecteur une véritable utopie où les habitants vivent heureux,
dans une nature belle et généreuse qui comble tous leurs besoins.