Communication & organisation, n° 37. La communication à l'épreuve des mutations économiques

Depuis plusieurs décennies, de nouveaux concepts, confortés par la crise, occupent le
devant de la scène : développement durable, économie de l'immatériel, responsabilité
sociale, intelligence territoriale, économie créative. Nés dans un contexte économique,
politique et social jugé plus complexe, ils inspirent de nombreux discours favorables
au changement et à l'innovation comme aussi certaines pratiques.
Plutôt apparentés, ces concepts ont plusieurs points communs. Ils accordent une
place de choix à l'approche environnementale et à la qualité de vie. Intégrant le déclin
des trois secteurs d'activité habituels ils annoncent la future primauté du capital
intellectuel et culturel. Tous développent la notion de territoire : penser global, agir
local. Sans écarter la marchandisation, soucieux de l'efficacité économique, ils sont en
quête de nouveaux retours sur investissement. Ils modifient le partage entre secteur
privé et secteur public : l'entreprise serait investie de missions réservées jusqu'alors à
la puissance publique, les services publics se verraient désormais attribuer une valeur
marchande, etc. Mais, c'est le fait de remettre l'Homme au centre des préoccupations
qui les rapproche le plus. Un Homme communicant, vecteur de nouvelles interactions.
Les délibérations, le partage, la transversalité, les débats, les réseaux, l'information
ascendante, la transparence, l'émergence des idées et des projets sont au coeur
de ces nouvelles conceptions. Autant d'éléments qui ressortissent à l'analyse
communicationnelle.
Ce dossier a pour objectif d'essayer d'apprécier la portée des transformations
annoncées, les écarts entre les représentations et la réalité, l'impact de la
communication sur les actions. Le concept d'économie créative est-il compatible
avec celui de développement durable ? Quelles émergences communicationnelles
produisent les expériences qui s'en inspirent ?