Ville patriote et ville martyre : Lyon, l'Eglise et la Révolution (1788-1805)

Fourvière versus la Croix-Rousse ! «La colline qui prie» face à «la colline
qui travaille». Cette image, les Lyonnais en ont fait un élément constitutif
de leur identité, mais en connaissent-ils vraiment l'origine ? C'est que
la Révolution a modifié en profondeur le paysage religieux de la capitale des
Gaules. De la fête fédérative de 1790 aux charniers de 1793, l'histoire d'une
rupture religieuse annoncée se déroule sous nos yeux. Lyon est bouleversée et
divisée, entre deux Églises concurrentes, mais également entre militants
catholiques et anticléricaux qui se disputent violemment le contrôle de l'espace
public.
Cet ouvrage nous invite également à un retour aux sources de la laïcité
républicaine. Dans une ville partagée, les juifs et les protestants lyonnais
trouvent enfin leur place, sans oublier les non-croyants. À la suite des violences
qui ensanglantent la ville entre 1792 et 1795, les autorités civiles et religieuses
apprennent progressivement - et non sans heurts - à développer une culture
du compromis. Le concordat de 1801 et la visite du pape Pie VII en 1804-1805
consacrent le retour à la paix religieuse dans une «seconde Rome» où
le catholicisme semble de nouveau triompher. Mais la ville reste en réalité
durablement divisée : peut alors commencer ce que Jules Michelet appellera
au tournant du XIX<sup>e</sup> siècle «le duel des deux montagnes».