L'Occupation

Il m'est aussi difficile de conjurer la guerre maintenant qu'à l'époque où je suis venue au monde. C'est pourtant avec la guerre qu'il faut vivre si tant est qu'on lui survit.
L'occupation de mon pays par les Allemands, l'exode, les bombardements, les gaz, les caves, le hurlement, la traque, l'incompréhension, j'ai voulu dans cette fable en assumer le souvenir meurtrier.
Dans mon livre, le soleil se lève et se couche plusieurs fois mais sous le soleil et au cœur de la nuit, c'est toujours le combat. Un combat qui s'est imprimé avec l'histoire dans ma mémoire et dans ma langue. Et sur la carte du monde, une photographie d'une amplitude bien plus alarmante, en ces jours lentement se révèle, pour l'horreur de tous les regards et le désespoir de toutes les enfances.
Michèle Ramond Février 1991