Le protocole de Brazzaville : une victoire congolaise méconnue

Le Congo n'a pas l'habitude de revendiquer haut
et fort ses succès. Pourtant, depuis son accession
à l'indépendance en août 1960, le pays a remporté
plusieurs victoires diplomatiques - et non
des moindres. Plus d'une fois en effet, Brazzaville
a eu recours à son savoir-faire diplomatique pour
assurer la médiation dans des conflits en Afrique,
notamment en Afrique australe. Le Congo a ainsi
joué un rôle de première importance dans la stabilisation de cette
région, en participant activement dans la seconde moitié des années
1980 au processus de négociations, connu sous le nom de «linkage»,
qui a débouché sur la conclusion du Protocole de Brazzaville.
Grâce à ce Protocole, les armes se sont tues en Angola, les troupes
cubaines et sud-africaines ont quitté le sol angolais, l'apartheid a été
enterré en Afrique du Sud, la Namibie est devenue indépendante...
Pierre Oba a été l'une des pièces maîtresses de ce processus initié
par les États-Unis et qui a nécessité l'implication de plusieurs pays.
Il s'est honorablement acquitté de la mission que le président Sassou
N'Guesso lui avait confiée. Il s'est trouvé au coeur du dispositif, pour
ce qui est du «volet congolais» des pourparlers, jusqu'à la signature
du Protocole de Brazzaville, en décembre 1988.
Pour la rédaction de cet ouvrage destiné avant tout aux jeunes générations,
Pierre Oba a dû convoquer ses souvenirs. Il a également puisé
dans la riche histoire du continent africain pour remonter aussi loin
que possible aux origines de toutes les crises qui s'entremêlaient
en Afrique australe. Ce haut responsable congolais raconte, en toute
modestie et le plus fidèlement possible, ce qu'il a vu, entendu, observé
et noté, en prenant part aux longues et laborieuses négociations notamment
dans leur phase secrète, qui ont eu le mérite de changer la face
de l'Afrique. Il a tenté, autant que faire se peut, de restituer le rôle joué
par chaque acteur majeur de l'époque dans ce processus historique.