De la Méditerranée vers l'Atlantique : aspects des relations entre la Méditerranée et la Gaule centrale et occidentale (VIIIe-IIe siècle av. J.-C.)

De la Méditerranée vers l'Atlantique : aspects des relations entre la Méditerranée et la Gaule centrale et occidentale (VIIIe-IIe siècle av. J.-C.)

De la Méditerranée vers l'Atlantique : aspects des relations entre la Méditerranée et la Gaule centrale et occidentale (VIIIe-IIe siècle av. J.-C.)
2006158 pagesISBN 9782753501904
Format: BrochéLangue : Français

Les premières céramiques de type grec sont attestées

sur le littoral gaulois méditerranéen une génération

avant la fondation de Massalia par les Phocéens.

Le commerce du vin commence à jouer dès le

VI<sup>e</sup> siècle un rôle déterminant dans les échanges

qui utilisent ces grands axes que sont le Rhône,

la Saône, la Seine et le Rhin. Dans ce contexte,

le Centre et l'Ouest de la France semblent, au

premier âge du Fer, à l'écart de ce phénomène économique

et culturel aux implications sociales et

politiques déterminantes. Les premières pentes

du Massif central forment apparemment un

obstacle à la diffusion des produits méditerranéens

et, si les vases de banquet et les

amphores sont nombreux sur la colline fluviale

de Bourges (Avaricum), la voie ligérienne

semble se tarir au-delà puisque nous n'avons plus attestation

de céramiques de type grec vers l'ouest. Cet

apparent isolement a fondé le concept d'une vaste aire

géographique réceptive aux stimuli de la Gaule orientale

et de l'Europe centrale mais incapable de participer

aux processus d'évolution de styles laténiens en

plein essor.

Ce concept est actuellement remis en cause. Depuis

ces dernières années, l'intense activité archéologique

et les essais de synthèses historiques nous permettent

de visualiser des axes d'échanges assurément plus

modestes que celui du Rhône mais aussi actifs sur le

long temps. Le littoral atlantique livre désormais, jusqu'à

Ouessant, des fragments de céramiques grecques

ainsi que du métal étrusque et des perles de verre

ou de faïence tandis que, dans le Massif central, des

fragments d'amphores, des tessons de vases attiques

sont exhumés, attestant de l'existence d'axes de communication

naturels archéologiquement peu visibles

comme les chemins de crête qui traversent le sud du

Massif central. Notre vision des relations entre la

Méditerranée et la Gaule du centre et de l'ouest se doit

d'évoluer en fonction de ces données archéologiques qui sont

le fruit de récentes fouilles mais aussi de la réinterprétation

de découvertes anciennes.

Enfin, il est maintenant évident que le seul

témoignage des importations méditerranéennes

ne nous permet pas de juger objectivement

du dynamisme et de l'évolution culturelle

des sociétés protohistoriques. Ainsi,

certaines stèles ornées d'Armorique portent des

décors directement inspirés de l'art architectural

d'époque archaïque de la Grande-Grèce, preuve de

contacts directs entre la Méditerranée et l'extrême

Occident. Les principautés de l'est, en relation directe

avec la Méditerranée, ne sont pas les seules à avoir joué

un rôle dans le développement des cultures celtes.

L'Armorique comme l'Auvergne ont participé activement

à ce mouvement créatif d'une civilisation, indice

fort probant de courants d'échanges multiples et complexes.

Et parmi ces influences, celles venues du monde

méditerranéen peuvent prendre des formes diverses et

utiliser des voies assurément moins visibles et moins

directes que le Rhône.

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