Et mourir d'amour : adaptation théâtrale des lettres de Julie de Lespinasse

«J'ai tant joui, j'ai si bien senti le prix de la vie que, s'il fallait
recommencer, je voudrais que ce fut aux mêmes conditions. Aimer
et souffrir, le ciel, l'enfer, voilà ce à quoi je me dévouerais, voilà ce
que je voudrais sentir, voilà le climat que je voudrais habiter, et
non cet état tempéré dans lequel vivent tous les sots et tous les
automates dont nous sommes environnés».
Julie de Lespinasse, égérie des encyclopédistes, reine de l'intelligence
et de la raison, aurait pu nous laisser des écrits fort sages et
fort bien tournés sur la vie politique et intellectuelle de son temps.
N'était-elle pas l'inspiratrice de D'Alembert, le bon génie de
Turgot, l'amie la plus sûre des Condorcet et autres Marmontel ?
Mais Julie, fille illégitime et mal-aimée de sa famille, rencontre
l'amour fou à quarante ans passés. Dès lors, sa plume court inlassablement,
fouille les méandres de son coeur, cajole, accuse,
chante, hurle, rit, souffre, tempête, et se laisse emporter dans le
torrent d'une passion qu'elle sait sans issue...
M.B.