Choses privées et chose publique en Grèce ancienne : genèse et structure d'un système de classification

Choses privées et chose publique en Grèce ancienne : genèse et structure d'un système de classification

Choses privées et chose publique en Grèce ancienne : genèse et structure d'un système de classification
Éditeur: J. Millon
2012492 pagesISBN 9782841372690
Format: BrochéLangue : Français

Le présent ouvrage constitue une anthologie de textes rédigés en langue grecque

entre le VIII<sup>e</sup> et le début du IV<sup>e</sup> siècle avant J.-C. Cette collection, oeuvre d'une

patiente sélection et de traductions nouvelles, accomplies par une équipe de chercheurs

réunie au sein d'une entreprise qui dura plusieurs années, a l'ambition

d'offrir à ceux qui étudient les mondes anciens, mais aussi, plus largement, à tous

ceux qui s'intéressent à l'apparition de la chose publique et au déploiement corrélatif

de la sphère privée, un accès à la manière dont un peuple, l'un de ceux qui,

en Occident, devait donner corps à ce partage, en façonna les contours. Au fil des

textes, on voit défiler le paysage dans lequel de telles dichotomies ont pu mûrir au

sein des choses, des temps, des lieux, des sentiments ou des actes qui fourmillent

dans la vie collective des hommes : celle qui oppose, d'un côté, ce qui est individuel

( idios ) à ce qui est collectif ou commun ( xunos, koinos ), et celle qui distingue,

de l'autre, ce qui relève de l'intérêt privé ( idios ) et ce qui est officiellement l'expression

de la communauté, de la cité, du peuple ( dêmios, dêmosios ). C'est au croisement

de ces deux systèmes d'opposition, pourtant non identifiables - car on

peut faire de manière solitaire, par exemple en ambassade, beaucoup de choses au

service de la puissance publique, et, collectivement, faire tant de choses qui ne

relèvent en rien de la vie publique, comme, par exemple, aller faire ses courses au

marché -, que l'on peut saisir la genèse, à travers les mots des Anciens, de la

représentation de la puissance publique et de ce qui s'en distingue. Il fallait en

effet, pour qu'une telle conscience vît le jour, que la cité, cette forme sous laquelle

les grecs connurent l'État, soit perçue, au moins partiellement, au moins à travers

certaines des choses, des décisions, des temps ou des lieux qui emplissent la vie

sociale, comme une forme du commun. C'est cette voix oubliée qui nous défie

encore à travers les chants des poètes archaïques, les scènes du théâtre, les raisonnements

des médecins, la prose des historiens, des orateurs, des sophistes et des

philosophes, ou le sourire du fabuliste : celle d'une communauté d'être humains

pour qui, un jour, la distribution des choses, des richesses, des sentiments, des

espaces et des lieux fut perçue comme le fondement même de l'existence collective

et comme une affaire trop importante pour ne pas être l'affaire de tous.

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