Henry Murger et la bohème

À la fin des années 1840, Henry Murger (1822-1861),
jeune écrivain qui tire le diable par la queue, rencontre un
immense succès avec ses chroniques, dont il fait bientôt
une pièce puis un roman, Scènes de la vie de bohème
(1851). Donnant à voir la vie de tout un groupe d'artistes
misérables, fils du petit peuple, il révèle la «bohème».
Mieux, il l'«incarne». Aussi à sa mort sera-t-il l'objet d'un
véritable culte, ponctué de publications retraçant sa vie.
Figure majeure de la bohème littéraire, Alfred Delvau
(1825-1867) offre un témoignage fidèle à l'ami. «À dix-huit
ans, Henry Murger connaissait plus de grands hommes
en herbe que beaucoup de gens du monde. La Bohème
était fondée, - la Bohème, fille de la Révolution de 1830
et du Romantisme, quelque chose comme la Pléiade, avec
le génie en moins et la pauvreté en plus.»