La vie rurale au temps de la TSF

Quand l'auteur de "La vie rurale au temps de la TSF" est né une décennie après la fin de la Première Guerre mondiale, nombre d'objets, mais aussi d'institutions qui déterminent maintenant notre cadre et notre mode de vie n'étaient pas inventés. Dans le village où il a grandi, la TSF (la radio) loin d'avoir intégré tous les foyers, venait à peine de se faire connaître. Le téléphone à domicile, l'eau courante, la salle de bains, le réfrigérateur, le chauffage central, le tracteur, l'automobile même et nombre d'engins mécanisés relevaient encore du rêve.
Les villageois dont l'auteur raconte le quotidien vivaient encore comme leurs ancêtres ont vécu, naissaient et mourraient chez eux, pratiquaient des coutumes séculaires, ignoraient les vacances, se déplaçaient peu et guère au-delà de l'horizon régional, se soumettaient sans trop rechigner à l'autorité de l'Eglise.
Mais déjà les témoins qui se souviennent de ces temps se font rares : des vendanges dans la vigne en fête, des Kungelstube autour du Kachelofe, des grandes lessives et des baignades dans l'eau vive de la rivière, des pratiques religieuses pieusement conservées, du chasse-neige tracté par des chevaux, des colporteurs en quête de la bonne affaire, des ripailles et des libations campagnardes, des années difficiles dans le vignoble alsacien, des maîtres d'école et des curés d'autrefois. Encore deux ou trois décennies et ces ultimes témoins, mémoire vive d'un monde disparu, à leur tour disparaîtront. Pour les historiens qui se pencheront plus tard sur l'histoire du monde rural «aux temps de la TSF», le livre de Paul Eschbach constituera un précieux témoignage. Dans sa préface, Christian Wilsdorf, directeur honoraire des Archives départementales du Haut-Rhin, écrit qu'il est «appelé à devenir un classique chez nous et, nous le souhaitons vivement, hors de notre province».