L'empreinte du social dans le roman depuis 1980

Peut-on parler d'un «retour du social» dans le roman depuis 1980 ?
Les communications réunies dans ce volume s'interrogent sur ce qui
semble être une tendance de la nouvelle littérature : les romanciers
contemporains manifestent un souci de la société plus marqué que leurs
prédécesseurs et évoquent plus souvent et de façon plus précise les
maux qui affectent les sociétés dans lesquelles ils vivent.
Alors que le roman depuis Flaubert, Kafka et Joyce avait renoncé à
se concevoir comme figuration et mode de connaissance de l'histoire
sociale pour s'affirmer avant tout comme fait esthétique, il semblerait
qu'il retrouve aujourd'hui sa vocation historico-sociale et que même des
auteurs connus pour donner le primat à la forme et à l'expression littéraires,
manifestent une curiosité sociologique plus aiguë, répondant à la
complexification toujours plus grande des phénomènes sociaux.
En se féminisant, en promouvant des écrivains venus de la périphérie,
le roman contemporain donne accès à des expériences de vie beaucoup
plus différenciées qu'auparavant. Son étude ne permettrait-elle pas de
distinguer les linéaments d'une interprétation du social, spécifique au
genre romanesque et fondée sur des repères, qui suivent désormais
des clivages inédits et expriment un imaginaire social à nouveau très
vivace ?
Les études réunies dans ce volume traitent d'écrivains dont la notoriété
s'est imposée depuis une vingtaine d'années : Jean Echenoz, Patrick
Deville, Annie Ernaux, Pierre Bergounioux, François Bon, Hervé Guibert,
Marie Redonnet, Sylvie Germain, Marie NDiaye, Michel Houellebecq,
Antoine Volodine, Fred Vargas, Christian Oster, parmi les auteurs français,
auxquels s'ajoutent des romanciers représentatifs des nouvelles
tendances du roman à l'étranger comme Botho Strauß, Mounsi, Mehdi
Charef, Kristien Hemmerechts, Russell Banks, Raymond Carver, Uwe
Johnson, Bernhard Schlink, Hanif Kureishi, Renan Demirkan et Chang-rae
Lee.
Elles constituent les actes du colloque tenu à Montpellier, en février
2004, avec le soutien du Pôle universitaire européen de Montpellier, du
Conseil général de l'Hérault et du Centre d'étude du XX<sup>e</sup> siècle de l'université
Paul-Valéry.