Charlemagne : guerrier et conquérant

À vingt-quatre ans, en 768, Charlemagne devient roi des
Francs. La mort, en 771, a emporté son frère Carloman.
Il est donc le seul héritier de Pépin le Bref. Il va régner
durant quarante-cinq ans, jusqu'à sa mort en 814. Il est
entré dans la légende.
Il est d'une haute stature - «sept fois la longueur de son
pied» -, peut-être un mètre quatre-vingt-dix. Tête ronde
enfoncée dans les épaules car le cou est court. Il est vêtu
comme les Francs d'une chemise de lin et d'une tunique
courte auxquelles il ajoute pendant l'hiver quelques fourrures.
Des bandes de cuir enveloppent ses jambes et ses pieds.
Un manteau bleu et une épée dont la garde et le ceinturon
sont d'or et d'argent complètent sa tenue. Sa prestance
l'impose d'emblée. Il est Carolus Magnus, Charles le Grand,
Charlemagne.
Charlemagne est «fils» de l'Église de Rome. Les territoires
qu'il pacifie, les conquêtes qu'il entreprend visent aussi à
convertir ses peuples. On le voit avec les Saxons, massacrés,
vaincus, soumis et baptisés. Pour une défaite - à Roncevaux,
le 15 août 778 -, que de victoires !
Charlemagne est bien Carolus Magnus, le souverain le plus
puissant d'Occident. Il a ranimé, rénové une civilisation. Son
règne crée un ensemble de comportements, d'institutions
qui font surgir un État. Charlemagne a unifié, pacifié,
réformé, converti, administré, enseigné. Son pouvoir, son
autorité s'entendent de l'Elbe à l'Èbre. Mais est-il l'un des
fondateurs de la France ?
Max Gallo
de l'Académie française