Sur la théorie phénoménologique de l'intuition. Vol. 1. Imagination, espace et temps

Cette première partie de notre enquête à propos de l'intuition dans la
phénoménologie vise à rendre claires les différences entre l'imagination et
la sensibilité, en thématisant dans un premier moment l'imagination telle que
la présente Husserl, puis en poussant plus loin l'étude de ses conditions de
possibilité, par une analyse détaillée de la sensibilité : d'abord de la constitution
de la chose spatiale et de l'espace lui-même, ensuite de la constitution de la
conscience comme flux des Erlebnisse et du temps lui-même. Ainsi, il s'agit
de mieux déterminer les concepts phénoménologiques d'intuition, d'objet, de
chose et d'unité, en centrant la réflexion autour de l'imagination et des champs
primaires de la sensibilité et en opposant plusieurs modes de relation à l'objet
qui impliquent chacun une certaine structure de vécu et par conséquent une
certaine signification. Cette différence de signification, mais aussi de mode de
donation, pose le problème qui constitue le coeur de notre interrogation, celle de
l'identité entre le donné sensible et l'objet constitué comme unité synthétique
des présentations esquissées de la chose qui se profile dans la perception, que
nous interrogerons dans la deuxième partie de cette recherche.
Aimberê Quintiliano. À partir d'observations concernant la sensibilité
et la structure générale de l'objectivité, l'auteur développe une approche
critique de la phénoménologie, à laquelle il s'est intéressé très tôt, en étudiant
Merleau-Ponty et les problèmes épistémologiques, notamment ceux de la
physique. Il cherche ainsi des fondements plus sûrs pour une philosophie
qui tente de sortir d'impasses découlant d'une prise de position idéaliste
trop radicale pour rendre compte de la sphère sensible et corporelle. Son
travail est la quête d'une plus grande ouverture philosophique, permettant
le dépassement d'alternatives traditionnelles qui cloisonnent bien souvent la
pensée, empêchant la compréhension de ce qui semble fondamental : l'unité
de l'Être. C'est au cours de son doctorat en philosophie, sur le problème de
l'objet dans la phénoménologie husserlienne, qu'il a développé les thèses sur
l'intuition présentées dans cet ouvrage.