Dictionnaire du quartier de Labat et de la place du marché

Lorsqu'en 1182, Richard-Coeur-de-Lion octroie une Charte de Coutumes
aux bourgeois de Marmande, une agglomération s'était déjà constituée "à
l'ombre" du Château (* tome II : Lestang), avec son organisation municipale et déjà
ses traditions.
Bientôt, les Consuls estiment nécessaire de faire édifier une ligne de
fortifications de maçonnerie ou de pieux, dotée de quatre portes de briques
ou de pierres,
- au levant : le portail d'Escaffre , au niveau de l'actuelle rue Fourton,
- au couchant le portail de Larget au niveau des actuelles rue Laffiteau et
Paul Vergnes,
- au Nord, le portail de Guizières au niveau des actuelles rues Lespinasse et
Paul Vergnes
- et enfin le portail du Troussepis , à l'extrémité côté fleuve, de l'actuelle rue
du Général Brun.
A l'intersection des deux voies ainsi définies, le Cayreforch ou le Canton.
C'est ainsi qu'en 1214, Simon de Montfort, chef de la Croisade contre les
Albigeois, se présente avec les troupes du roi de France devant Marmande, il
trouve devant lui une ville fortifiée. A peine a-t'il tourné les talons que la ville
retourne sous l'obédience du Comte de Toulouse. Lorsque Amaury de
Montfort revient pour assiéger la ville en décembre 1218 sous le prétexte
qu'elle se trouve aux mains des Cathares (en fait afin d'agrandir le "pré carré"
du roi de France), il se heurte aux mêmes défenses, tant et si bien que ce n'est
qu'en 1219, à l'arrivée des troupes royales, conduites par le fils du roi, que la
situation va basculer en faveur de ce derner. Marmande est alors pillée,
incendiée, ses habitantd massacrés (5.000 victimes, dit-on) et Amaury de
Montfort exige que soit rasée une partie des murailles.